Collectif / Créations

Peintures, sculptures et arts plastiques

Sculptures en argile Sculpture en argile n°2 de Jérémy Zucchi (2016). Sculpture en argile n°3 de Jérémy Zucchi (2018). Sculpture en argile n°1 de Jérémy Zucchi. Depuis 2016, Jérémy Zucchi réalise des sculptures en argile figuratives. Il s’intéresse à la torsion, aux plis, à l’équilibre. Ses inspirations sont plutôt anciennes : statuaire antique égyptienne, Renaissance (Michel-Ange), baroque (Le Bernin) ou romantique (Rodin, Camille Claudel). Adhérer à Eclore ou faire un don

Faunix

Faunix est un duo musical composé de Mr Ashtree et du Phoenix de Pandore. Faunix signe ses mixages, et réalise l’ensemble de la production. Le dernier clip, Libération, a été réalisé par Jérémy Zucchi, réalisateur membre du collectif Eclore (voir la page des clips, teasers et captations). Album Faunix de Faunix Emilie Souillot, Vincent Fraysse (VFA), Studio Tini, 2023 Clips et vidéos live Duke Deux soleils Speed Duke Faunix, Duke, 4’07, 2023. Plus d’informations Chant et piano : Phoenix de Pandore Musique : Mr. Ashtree Enregistrement : Studio Tini Mixage : Vincent Fraysse (VFA) Captation et postproduction : Jérémy Zucchi Lieu : By Autopassion (Loire) Deux soleils Faunix, Deux soleils, 3’50, 2020 Plus d’informations Chant : Emilie Souillot Musique : Faunix Enregistrement : Studio Tini Mixage et vidéo : Vincent Fraysse (VFA) Speed Faunix, Speed, 4’29, 2021 Plus d’informations Chant : Emilie Souillot Musique : Faunix Enregistrement : Studio Tini Mixage et vidéo : Vincent Fraysse (VFA) Adhérer à Eclore ou faire un don Featuring Faunix Éole et Icare Éole et Icare Jérémy Zucchi, Éole et Icare (Carnet de notes #15), 4’04, 2024 Plus d’informations Réalisation : Jérémy Zucchi Musique : Faunix

Les Livres Enchantés (improvisations à partir de textes)

——————————————————————————————— Un livre « enchanté » par Émilie Souillot a bien de la chance ! Les mots s’envolent des pages, gardant tout leur sens, leur suc, se nimbant de couleurs et de tons modulés par une voix aux degrés d’émotion palpitante et captivante. Pieds nus sur la scène, danseuse et chanteuse des mots, elle offre un lien précieux, aussi fort que fragile entre la terre et le cosmos. à travers le temps la parole si vivante cri du cœur frôlé Texte de Danyel Borner, auteur. ———————————————————————————————-   Des expériences uniques à chaque concert qui favorisent la connexion entre les artistes et le public ! Les Livres Enchantés, c’est un projet innovant qui marie l’improvisation vocale d’une chanteuse et l’improvisation musicale des musiciens qui se créent au fur et à mesure de la prestation pour transformer chaque texte en une expérience vivante et immersive. L’idée naît d’Emilie aux côtés du pianiste Frédéric Allérat, avec lequel elle s’amuse à chanter des textes issus de livres découverts dans sa bibliothèque. Puis, le pianiste Eric Moulin fera un 1er concert avec Emilie à la Médiathèque du Vieux-Lyon à Lyon avec des livres choisis par le public. Le guitariste Mathieu Boussac accompagnera Emilie au Lycée du Parc à Lyon dans le cadre d’événements programmés lors de la semaine de la non-violence pour mettre en chansons des textes écrits par les lycéens sur cette thématique. Une nouvelle incarnation au projet verra le jour avec Bernard Defond, guitariste et pianiste. Mr Ashtree rejoindra ensuite l’aventure aux percussions et machines, avec lequel Emilie a un duo musical nommé Faunix.  Dans le 1er teaser, Émilie pioche un livre, ouvre une page au hasard et l’improvisation avec Bernard commence…dans le 2ème teaser, concert en public, avec un musicien invité, Gaëtan Berny (violoniste) rencontre pour la 1ère fois Bernard Defond, guitariste et pianiste. Des personnes du public animent leur corps et se mettent à danser, le jeu d’improvisations musicales est là, ensemble, en collectif, tout se construit au fur et à mesure. Tout est neuf, éphémère, unique. Emilie s’entoure de musiciens différents, en duo, trio, ou quartet, permettant ainsi une performance nouvelle à chaque fois.  

Matière Sombre (rap conscient)

Formé en juin 2010, Matière Sombre est composé de Comin Death (compositeur), AJT (auteur/rappeur) et MAXAP’S (saxophoniste) qui a rejoint le groupe en 2016. Comin Death et AJT travaillent en étroite collaboration depuis quelques années lumières, auparavant dans la formation de rap FRVsens. Groupe résolument poétique et politisé, Matière Sombre aborde le plus souvent des thèmes de société, des sujets philosophiques, des problèmes géopolitiques, les difficultés de la vie quotidienne, les relations entre individus… Le groupe explore différentes galaxies musicales (rock, jazz, soul, zouk, électro…) pour produire sa musique de façon éclectique. Il souhaite apporter un message avant tout optimiste aux terriens par un discours incitant au pacifisme et à la tolérance. Le groupe a sorti plusieurs albums et s’est produit dans différentes salles et cafés-concerts de Lyon et sa région (6ème Continent, Toï-Toï, Court-Circuit, Blogg, De L’autre Côté du Pont, Raspoutine…). Albums Pas de rose sans épine Panorama paradoxal Au crépuscule Pas de rose sans épine Pas de rose sans épines by Matière Sombre MS Label, 2020. Panorama paradoxal Panorama Paradoxal by Matière Sombre MS Label, 2014. Au crépuscule Au crépuscule by Matière Sombre MS Label, 2012. Adhérer à Eclore ou faire un don

Rê

Les chansons du groupe Rê (en français ou en anglais) mêlent chant, piano, hautbois, guitare et percussions. L’univers musical de Rê est onirique, il provoque des émotions et fait naître des images. Vidéos Check Up Y’a pas d’heures ! (Extrait) Check Up Rê, Check-Up, 5’06, 2020 Plus d’informations Paroles et musique : Émilie Souillot, arrangé par le groupe Rê. Chant et piano : Émilie Souillot Hautbois : Léa Vernet Percussions : Lucas Marie Guitare : Mathieu Boussac Régie son : Noémie Roisil Régie lumière : Olivier Defaÿsse Conception lumineuse sur scène : Michaël Varagnat Captation et postproduction : Jérémy Zucchi Lieu : Auditorium de Chaponost Y’a pas d’heures ! (Extrait) Rê, Y’a pas d’heures ! (extrait), 1’06, 2018 Plus d’informations Paroles : Émilie Souillot Musique : Émilie Souillot et Léo Varnet, arrangé par le groupe Rê. Chant et piano : Émilie Souillot Hautbois : Léa Vernet Percussions : Lucas Marie Guitare : Mathieu Boussac Régie son : Frédéric Finand, Cyprien Finta Régie lumière : Marie Tagiasco Conception lumineuse sur scène : Michaël Varagnat Captation : Jérémy Zucchi Enregistrement et mixage : Bertrand Cadet Lieu : École Nationale de musique de Villeurbanne Presse Adhérer à Eclore ou faire un don

Carnet de notes

Des miniatures poétiques du réel Carnet de notes est une série d’essais documentaires et poétiques débutée en 2016. Ce sont des vidéos de courte durée (de 3 à 7 minutes), réalisées par Jérémy Zucchi et Christelle Thomassin, sans écriture au préalable. L’appareil photo Lumix GH4 ou GH5 en main, il s’agit de saisir des notes audiovisuelles du réel à partir d’une idée inspirée par le lieu (la mer Méditerranée, la montagne ardéchoise, le train…), des rencontres ou un sentiment. Ces « miniatures », qui laissent une place importante à la musique, tentent d’inciter à la rêverie ou à la réflexion. Le mouvement Éole et Icare Retour Éole et Icare Retour La mer Il y a des trésors partout La jeune fille et la mer Il y a des trésors partout La jeune fille et la mer La ville et ses traces Passages 45°43’50.951 »N 4°49’5.62 »E Tiktaalik Passages 45°43’50.951 »N 4°49’5.62 »E Tiktaalik Animaux et êtres humains Liberté Crinières et flocons 28 pattes et 14 oreilles En attendant la nuit Liberté Crinières et flocons 28 pattes et 14 oreilles En attendant la nuit saisons et vanités Présence Lendemain Les fantômes de Sainte-Marguerite Présence Lendemain Les fantômes de Sainte-Marguerite Adhérer à Eclore ou faire un don

Films documentaires des membres d’Eclore

Danse hip-hop et chant classique Une Rencontre, Pockemon Crew + Emelthée Réalisation : Jérémy Zucchi 29 minutes, 2016 L’histoire de la rencontre improbable entre les danseurs de la compagnie de breakdance Pockemon Crew et les chanteurs du Chœur Emelthée. De cette rencontre, cette diversité culturelle, naît une œuvre unique. De la peinture aux pixels Janoir, une vie à peindre Réalisation : Émilie Souillot et Jérémy Zucchi 53 minutes, 2013 Ce film retrace la vie du peintre Jean Janoir (1928-2012), qui malgré la maladie a poursuivi son œuvre grâce au numérique. Un parcours unique d’un peintre, poète, concepteur de décors d’opéras ; une histoire de survies par la création. La mémoire de la résistance et de la déportation La Force de résister Réalisation : Émilie Souillot et Christelle Thomassin 1 heure 25 minutes, 2013 Ce film réalisé pour l’association des Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation (AFMD) du Rhône rend compte des interventions d’anciens résistants et déportés dans des écoles primaires et des collèges de la banlieue Lyonnaise, travail de mémoire que les élèves poursuivent. Souvenirs d’une cave de jazz Histoire (s) de jazz, le Hot Club de Lyon Réalisation : Émilie Souillot 52 minutes, 2010 Ce film retrace l’histoire du plus vieux club de jazz de Lyon, à travers les petites histoires de ceux qui l’ont créé, qui y ont joué, qui y ont vu se produire les plus grands jazzmen. Adhérer à Eclore ou faire un don

Histoire (s) de jazz, le Hot Club de Lyon (documentaire)

vies et jazz, des années 50 à aujourd’hui « C’est une histoire d’amour, c’est une histoire de jazz… Racontée, jouée, belle et vivante. » Ce sont les premiers mots murmurés par Émilie Souillot dans son premier film, le documentaire Histoire (s) de Jazz, Le Hot Club de Lyon qui s’attache aux petites histoires qui font la vie et la grandeur d’un lieu. Le Hot Club de Lyon existe depuis plus de soixante ans, il a une grande histoire que la réalisatrice a voulu aborder le plus chaleureusement possible, sans la froideur qui peut être celle des documentaires historiques, car le jazz, n’est-ce pas la vie et ses imprévus ? Elle a laissé les souvenirs ressurgir, les rencontres dévoiler leurs trésors, leurs éclats de rire, leurs interrogations… Réalisation : Émilie Souillot 52 min, 2010 Distribué en salles et disponible en DVD (contact [@] eclorecreations.com) Synopsis et réflexions Autour du film Filmer le jazz Autour du film La réalisatrice Émilie Souillot a saisi quelques fragments du jazz joué au Hot Club de Lyon, du trio de Jean-Charles Demichel aux solos du saxophonistes Jon Bouteiller. Elle saisit en plan-séquence l’intégralité de Take the A Train de Duke Ellington joué par The Happy Stompers, avec le regard de celui qui découvre pour la première fois un Big-Band en live ― car elle n’avait, en effet, jamais assisté à un concert de Big Band auparavant. Histoire (s) de Jazz, Le Hot Club de Lyon est donc un film à l’ambiance intimiste, dominé par les voix subjectives de ses différents protagonistes, tous des personnes passionnées (musiciens ou simples amateurs de jazz) qui écrivent encore aujourd’hui l’histoire du Hot Club de Lyon. Le musicien Jean-Louis Billoud dans le film Histoire(s) de jazz, Le Hot Club de Lyon. C’est un film qui reconnaît les faiblesses de la mémoire (Boris Vian est-il réellement venu ?), qui embrasse tout ce qui fait l’humanité de ce lieu et de cette musique, à travers quelques histoires sur Chet Baker et Oscar Peterson, sur le saxophoniste Raoul Bruckert qui fut l’un des piliers du lieu… Sans oublier les débuts excitants mais parfois difficiles du Hot Club de Lyon, racontés par Jean Janoir et son épouse Michelle qui nous ont quitté depuis. Dans le film, « on construit tous sa propre vérité surtout autour d’un lieu qui fut le cœur de nombreux échanges et rencontres, donc d’histoires », comme l’écrit Émilie Souillot avec justesse. Que vous soyez amoureux de jazz ou non, vous sortirez sans doute d’Histoire (s) de Jazz, Le Hot Club de Lyon comme Philippe Lacroix émergeait des longues nuits passées à vivre le jazz dans ce lieu, comme il le raconte dans le film : « …Et puis on avait les oreilles qui sifflaient aussi en sortant, parce qu’on arrive dans le silence de la nuit, dans la rue. Plus de bruit, alors qu’on avait entendu… alors les oreilles sifflaient pendant un certain temps. C’est comme, après l’amour, on dit il y a des moments agréables et là aussi c’était après le jazz il y avait cette espèce d’ouate, de coton dans lequel on était qui prolongeait un petit peu l’ambiance… » Filmer le jazz Histoire (s) de Jazz, Le Hot Club de Lyon se nourrit des recherches entreprises par la réalisatrice Émilie Souillot, sur le Hot Club de Lyon et le jazz au cinéma. Peut-on filmer le jazz ? C’est pour tenter de répondre cette question que la réalisatrice a contribué en mai 2011 à l’ouvrage collectif Filmer le Jazz (Presses Universitaires de Bordeaux, sous la direction de Thierry Maligne) qui réunit réalisateurs (Bertrand Tavernier, Frank Cassenti), danseurs (Fabien Ruiz), écrivains et chercheurs (Michel Chion). Émilie Souillot a ainsi communiqué quelques unes de ses recherches et réflexions de son mémoire de master d’études cinématographiques et audiovisuelles (Université Lumière-Lyon 2, 2009). Générique Production et réalisation : Émilie Souillot Avec Jean et Michelle Janoir, Jean-Louis Billoud, Jean-Charles Demichel, Gerard Vidon, Jacques et Philippe Lacroix… Images : Sébastien Guignard et Émilie Souillot Son : Simon Dufour Montage : Émilie Souillot Post-Production et conception graphique : Jérémy Zucchi DV – Durée 52 min – Son stéréo – Couleurs, 16/9 – 2010 Distribué en salles et disponible en DVD.   Presse Adhérer à Eclore ou faire un don

La Force de résister (documentaire)

Transmettre aux enfants la mémoire de la résistance Les Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation (AFMD) œuvrent pour que l’oubli de l’extermination de masse organisée par les nazis ne s’installent pas dans nos conscience. La délégation du Rhône de l’AFMD a voulu garder une trace de ses actions auprès des enfants et adolescents, et des témoignages recueillis auprès de ceux qui ont été victimes du nazisme et n’ont cessé de le combattre. De 2008 à 2010, La Force de résister s’est construit au fur et à mesure des ateliers réalisés par l’AFMD du Rhône dans des écoles primaires de la banlieue Lyonnaise (Vaulx-en-Velin et Villeurbanne), du voyage à Berlin et au camp de Ravensbrück par des élèves de troisième du collège Maurice Scève de Lyon Croix-Rousse, et des rencontres avec d’anciens résistants et déportés lors d’interviews et de conférences. Marie-Jo Chombart de Lauwe, Simone Grandjean, Stéphane Hessel, Maurice Luya et Marcel Roche témoignent pour que les enfants connaissent et n’oublient pas ce qu’ils ont vécu. Réalisation : Émilie Souillot et Christelle Thomassin Production : AFMD – délégation du Rhône 1 heure 26, 2012 Distribué en DVD par l’AFMD – délégation du Rhône (nous contacter à contact [@] eclorecreations.com) Synopsis et Réflexions Autour du film Texte de Christelle Thomassin Autour du film Les réalisatrices Émilie Souillot et Christelle Thomassin ont construit La Force de résister à partir de ces actions, un document dont se dégage une force inédite grâce au contraste entre le passé et le présent, les témoins et les enfants qui les écoutent et vont tenter de transmettre à leur tour le souvenir de la résistance et de la déportation. Des chemins douloureux de Ravensbrück aux valeurs fraternelles de la Déclaration universelle des droits de l’Homme et du citoyen, c’est une aventure humaine qui doit être découverte est partagée, car le devoir de mémoire implique la nécessité de transmettre ce que nous ne pouvons parfois pas même entendre ou concevoir, et qui pourtant est réel. La Force de résister est un film qui parle de la résistance et de la déportation au présent, même si ceux qui y témoignent, anciens résistants et déportés, s’éteignent peu à peu. Le but de ce film est que la flamme qui les anime reste vivante dans la pensée des enfants, élèves de primaires ou collégiens qui ont participé aux voyages et ateliers de l’AFMD du Rhône, et de ses spectateurs. Avec très peu de moyens pour réaliser ce long-métrage, les réalisatrices de La Force de résister ont saisi les souvenirs douloureux des anciens résistants et déportés avec une grande pudeur, mais avec aussi les éclats de rire de ces enfants qui vivent libres grâce à ceux qui ont combattu le nazisme. Entre ateliers, découvertes des lieux et témoignages, La Force de résister évoque le pouvoir que l’art possède de transmettre les faits et les valeurs défendus par les résistants et victimes du nazisme. Texte de Christelle Thomassin La création comme résistance Au sein même des camps de concentration, la culture a pu persister malgré tout pour que l’humanité survive. En effet, seules les activités culturelles/artistiques clandestines ont pu se préserver d’un monde trouble où SS et déportés rient ensemble quel qu’en soit le prix. L’œuvre inachevée de Germaine Tillion, Le Verfügbar aux Enfers, une opérette à Ravensbrück, témoigne brillamment des potentialités de l’art – dans le cas présent, une vigoureuse et virulente dénonciation du système concentrationnaire sur le mode d’une opérette où les détenues n’ont pas encore dit leur dernier mot. Car « les mésaventures du Verfügbar ne l’empêchent pas de conserver entrain et bonne humeur. Il égrène ses déconvenues sur des airs d’opérette et de chansons populaires » (Tillion). Cette bonne humeur au milieu du désastre est un geste typique du burlesque cinématographique ; son usage ici inattendu est une façon d’affirmer une résistance de l’humain envers et contre tout ». (M. Losco-Léna, Rien n’est plus drôle que le malheur) Cette « résistance de l’humain envers et contre tout », ici au moyen d’un art mineur, l’opérette, n’est peut-être pas sans nous rappeler les réflexions menées par le philosophe Ernest Cassirer nous rappelant que « dire non est l’acte initial par lequel l’homme s’élève au-dessus de l’animalité » car « la conscience humaine s’éveille quand le cri n’est pas un cri de demande, traduisant un besoin biologique […] mais un cri de refus ». Un cri de refus pouvant être sublimé par l’imagination (et par l’art) puisque en raison de  « […] sa capacité à disjoindre et de joindre de manière neuve les données offertes à la perception, elle permet de refaçonner l’univers conformément à nos intentions. » (Christophe Bouriau, Qu’est-ce que l’imagination ?) Par l’écriture d’une opérette en prise directe avec la réalité concentrationnaire, qui nous est offerte sous un autre régime des perceptions, en faisant œuvre de résistance, où « survivre [constitue] l’ultime sabotage »(préface à Opérette à Ravensbruck), Germaine Tillion manifeste avec l’art son refus quotidien de la déshumanisation programmée par le système concentrationnaire nazi. Ce refus de la déshumanisation programmée, instituée en système sur laquelle repose toute une économie, ce refus de la mort comme banalité quotidienne se trouve également au cœur de la démarche de Zoran Music lorsqu’il réalise clandestinement des dessins au camp de Dachau : « Le peintre avait en charge ces corps dont personne ne s’occupait, à qui nul ne rendrait le devoir de les ensevelir. Il les portait dans ses yeux comme on porte un corps dans ses bras. Les regardant, il leur témoignait les derniers égards. Les dessinant, il les voyait. Les découvrant, il posait sur leur nudité scandaleuse le voile miséricordieux du regard. » (Jean Clair, La barbarie ordinaire. Music à Dachau, p. 39) Ce qui aurait pu s’apparenter à un travail de documentation visuel, tel un reportage saisi dans l’œil du cyclone, demeure dans le sillage de l’art. Un art sacré, dans un lieu voulu sans sépultures, finement perçu par Jean Clair qui, n’hésitant pas à rapprocher les dessins du peintre à l’art antique des imagines maiorum (« effigies des ancêtres ») – cette « obligation faite aux vivants de façonner et de garder l’image

Retour en haut