"Janoir, une vie à peindre", film documentaire
Enregistrement de la musique du film Janoir, une vie à peindre au studio Mikrokosm de Lyon.

La musique du film

Compte tenu de son importance de la musique dans la vie de Jean Janoir, guitariste de jazz dans sa jeunesse, la musique a revêtu une importance plus grande que pour un autre film documentaire. La présence de la femme en robe rouge dans Janoir, une vie à peindre nous a permis de proposer des échappées mentales et lyriques où la musique peut s’élever et s’étendre, à la différence des entretiens où elle est soit absente, soit en retrait. Nous imaginions une musique en permanente évolution, force en mouvement qui se métamorphose.

Écriture et improvisation

La conception de la musique a reposé sur un mélange d’écriture préalable et d’invention au moment de l’enregistrement (certains morceaux, tel le Lumineux tango ci-dessous, ont été entièrement improvisés). La co-réalisatrice de Janoir, une vie à peindre, Émilie Souillot, a composé et interprété les parties au piano, tandis qu’Élodie Poirier (violoncelle et nickelharpa) et Jérôme Bodon-Clair (guitare) ont improvisé les lignes de leurs instruments. Le trio n’avait jamais joué tous les trois ensemble avant le jour de l’enregistrement. Ce dernier a duré une seule journée, mais « avec Élodie, à force d’improviser sur ce qui était déjà existant, on a pu se laisser aller » explique Émilie. Certains morceaux ont été joués en respectant un minutage précis, ayant été conçus pour des séquences spécifiques, déjà montées, tandis que d’autres ont été enregistrés librement, comme un fil de notes pouvant être librement cousu dans la trame du montage, selon nos besoins.

La musique a été enregistrée par Benoït Bel dans son Mikrokosm Recording Studio, à Villeurbanne. C’est brut, enregistré d’un seul trait, sans mixage ultérieur faute de temps. Nous tenions de toutes façons à conserver un son proche du live, rappelant celui des sessions de jazz enregistrées en commun autrefois. Nous tenions aussi à faire entendre la rudesse archaïque du nickelharpa (instrument traditionnel suédois), confronté à l’ampleur du violoncelle, à l’intimité du piano, à la nonchalance énergique d’une guitare électrique jouée façon blues.

Quel espace pour la musique ?

Jeunes réalisateurs ambitieux, et surtout désireux de célébrer l’art et la vie de nos amis Jean et Michelle à l’écran, nous avions imaginé un dispositif où la musique aurait disposé d’une place plus grande encore, par une mise en scène de la femme en robe rouge chantant et dansant sur scène, comme Michelle avait dansé pour Jean au Hot Club de Lyon dans leur jeunesse. Nous désirions mettre en scène la création de la musique du film comme un moment de vie improvisée sur la scène du Hot Club, mêlant les univers musicaux de différents musiciens. La musique aurait été jouée derrière des projections des œuvres de Janoir sur une surface en tulle, les musiciens pouvant ainsi émerger de ces images puis disparaître tels des fantômes hantant les peintures.

Nous imaginions trop de choses pour un documentaire au format ne pouvant dépasser 52 minutes (case télévisuelle oblige)… Être réalisateur, c’est faire les choix les plus justes possibles en fonction de l’histoire racontée, et être capable de renoncer à ses envies si elles ne peuvent s’intégrer harmonieusement dans le récit du film. Nous avons donc rangé dans le tiroir de nos idées ce lourd dispositif, et adopté une forme plus pertinente. Nous n’avons pas pour autant remisé notre désir de créer une musique conçue spécialement pour le film. Le plaisir de créer la bande originale de Janoir, une vie à peindre a été à la hauteur de nos ambitions un peu folles !

Émilie Souillot et Jérémy Zucchi

Voir le film Janoir, une vie à peindre

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