"Janoir, une vie à peindre", film documentaire
Jean Janoir, peintre et poète plasticien.

De la peinture aux pixels

Jean Janoir (1929-2012) est un peintre oublié, connu seulement des quelques amateurs d’art de la ville de Lyon qui se souviennent de ses grandes et puissantes toiles ou, pour les plus âgés d’entre eux, de ses décors et costumes d’opéras. Et pourtant, quelle œuvre et quel parcours ! Uniques, sans doute. « Ingénieux, ingénieur et poète », « poète plasticien », selon les mots du critique Jean-Jacques Lerrant, Janoir possédait cette faculté incroyable de savoir s’exprimer de multiples façons, jusqu’à apprendre à utiliser un ordinateur, à l’âge de 73 ans, afin de poursuivre son œuvre malgré la maladie. Poète plasticien, il ne se sentit jamais limité par la peinture, illimitée pour lui. Critique et collectionneur, Régis Neyret le décrit comme « l’homme dont l’œil écoute avant de dessiner, dont le feu tempéré forme des coulées d’or, dont l’angoisse de vivre apparaît sous la toile et la fragilité se cache dans le cœur. »

Biographie de Jean Janoir

Jean Janoir est né en 1929 à Mâcon. Il grandit dans une famille « où on ne lisait pas, où on n’écoutait pas de musique… C’était pas une famille d’intellectuels au contraire, elle était même anti-intellectuelle. » Jean étudie tout d’abord à l’École de Dessin de la petite ville, où il rencontre son ami Raoul Bruckert. C’est dans cette école que le futur peintre reçoit sa plus belle leçon de mémoire et d’observation : les élèves devaient dessiner de mémoire un modèle situé au rez-de-chaussée de l’école. Par cette « expérience désastreuse », il découvre que la peinture constitue une véritable gymnastique physique et mentale.

Autoportrait de Jean Janoir (1947).

Autoportrait de Jean Janoir (1947).

En 1946, Janoir entre aux Beaux-Arts de Lyon. Guitariste de jazz, il crée avec Raoul Bruckert (saxophoniste) le Quartet des Bozarts, groupe fondateur du Hot Club de Lyon (ouvert en 1947). S’ensuit une période de vaches maigres ; Janoir, qui a épousé Michelle Bouix en 1952, abandonne le jazz pour se consacrer à la peinture. Il expose pour la première fois en 1957, et se fait rapidement remarquer. Janoir accède à l’apogée de sa gloire grâce aux décors et costumes conçus pour les opéras mis en scène par Louis Erlot. Son travail pour Pélléas et Mélisande (Paris et Strasbourg), en 1962, lui vaut de recevoir le prix de la critique lyrique. « Tu t’exprimais déjà [par ce décor], c’était vraiment toi », déclare-t-il à Janoir quarante-huit ans plus tard.

Après avoir accédé à la notoriété nationale puis contribué en 1967 à la conception, tout aussi audacieuse, de la maison de Pierre Arrivetz à Limonest (supervisée par l’architecte Robert Dussud), Janoir se replie dans son atelier afin d’échapper à tout ce qui peut le détourner de son œuvre de peintre. Son caractère bien trempé l’isole dans un milieu artistique réduit à celui de Lyon, et évoluant au gré des modes et des cotes. En 1995, une grave maladie le contraint à être immobilisé pendant un an. Peignant debout, ne pouvant que très peu marcher, Janoir est obligé d’abandonner la peinture. La maladie a gagné la partie. Échec et mat? Non, pas encore (c’était un joueur d’échec, ayant le goût du défi) : il écrit les poèmes publiés en 2002 dans le recueil Angle mortet réalise des maquettes de sculptures en métal plié.

Impossible pour lui de ne pas peindre : pour continuer à créer, Janoir se persuade que l’ordinateur peut lui permettre de continuer son œuvre picturale, après avoir lu un article sur ce qu’on nommait encore P.A.O. (Publication Assistée par Ordinateur). Il a donc essayé en 2002 « sans trop y croire », acte courageux de remise en question et d’apprentissage à un âge où n’importe quel artiste préfère se reposer sur des acquis durement gagnés, car Janoir a alors 73 ans et n’a jamais utilisé un ordinateur. La première fois, il prend la souris et la pose sur l’écran comme s’il était tactile ! « Et en fin de compte j’y suis arrivé après avoir pédalé dans les lentilles pendant six mois. »

Atteint d’un cancer du poumon, Jean Janoir décède à Lyon le 4 janvier 2012 à l’âge de 82 ans. Son épouse Michelle est morte un mois et demi plus tard, le 15 février, à l’âge de 80 ans. Sans enfant, ils laissent un important fond d’atelier, vendu et dispersé lors d’une vente judiciaire, le 13 octobre 2012.

Évolution de l’œuvre picturale de Janoir

« Ce sont des choses de la brume, des choses suggérées, des choses à demi dites » déclare Jean-Jacques Lerrant à propos de l’univers de Janoir. Bien sûr, le peintre a procédé à une longue exploration de la peinture, un laborieux défrichage, avant de trouver sa voie plastique. Il n’a cessé, après, de poursuivre ce voyage formel. Après des débuts plutôt réalistes dont il ne reste qu’un autoportrait daté de 1947, l’œuvre picturale de Janoir se compose de quatre époques successives.

1 – La période des « bibliothèques » (1955-1957)

« Les premières toiles que j’ai montré, raconte Janoir, c’était des toiles extrêmement construites, ça avait un côté bibliothèque, un côté chantier, un côté mine. » Ces œuvres dites « bibliothèques » sont d’inspiration cubiste, entre figuration et abstraction géométrique.

Peintures de la série des "bibliothèques" de Jean Janoir (vers 1957).

Peintures de la série des « bibliothèques » de Jean Janoir (vers 1957).

2 – La période des « signes » (1958-1959)

Les œuvres abstraites non géométriques dites des « signes » sont beaucoup plus minimalistes que les précédentes : sous l’influence de la peinture chinoise, ses peintures se sont ouvertes et ont arboré un signe noir « qui le marquait, qu’il considérait un peu comme une cicatrice », selon les mots de  son ami Pierre Arrivetz. Ce signe a été brisé pour la première fois dans la toile réalisée pour la fille de ce dernier. C’était l’une de ces périodes transitoires au cours desquelles des « accidents » font passer d’une période à l’autre.

Peintures de la période des "signes" de Jean Janoir (1959).

Peintures de la période des « signes » de Jean Janoir (1959).

3 – Les peintures représentatives du « style Janoir » (1960-1995)

Jusqu’en 1995, Janoir peint sur toile des œuvres abstraites non géométriques avec parfois des éléments figuratifs : dans ces toiles qualifiées de « nuagistes » par la critique (étiquette rejetée par Janoir), le fond est devenu, comme le dit Jean-Jacques Lerrant, une « devinette érotique, charnelle », engloutissant le signe. Certaines toiles de cette période sont monumentales, telle celle de dix-huit mètres carrés réalisée en 1963 pour la Chambre de Commerce de Lyon.

Peintures à l'huile de Jean Janoir des années soixante-dix.

Peintures à l’huile de Jean Janoir des années soixante-dix.

4 – Les peintures numériques (2002-2011)

Les œuvres numériques (« alternatures » ou « alterpeintures ») oscillent entre abstraction et retour à la figuration. Bien que réalisées par ordinateur, les peintures numériques étaient imprimées en exemplaires uniques sur toile, avec une encre à pigments. Chaque peinture numérique imprimée est signée de la main de Janoir, et le fichier Photoshop originel est supprimé pour empêcher toute réimpression.

Peintures numériques de Jean Janoir (2008-2009).

Peintures numériques de Jean Janoir (2008-2009).

Janoir a souvent travaillé par séries tout au long de sa carrière (Praxis en 1961, Body and Soul en 1988 par exemple). Lors de son passage à l’ordinateur, il utilise les spécificités de cette pratique pour composer de multiples variations d’une même œuvre, non pour créer des multiples mais pour créer des peintures différentes. On aurait tort, à ce titre, de dissocier sa pratique de la peinture à l’huile de celle de la peinture numérique. En effet, Janoir peint avec l’ordinateur tout comme il peignait à l’huile, l’ordinateur lui permettant seulement de continuer à créer malgré un état de santé lui interdisant de s’épuiser à peindre, tandis que la proximité de la mort l’incite à ne plus attendre que des glacis soient prêts à être retravaillés. Avec l’ordinateur, le peintre travaille assis, vite et sans trop de fatigue.

Principes et esthétique

« J’exerçais ma suprématie / Habitué à peindre sans filet / Je maîtrisais l’émotion / Pour la rendre plus tard à la toile. / Au secret des secrets / Vous n’aurez jamais accès » écrit Janoir dans son poème « Le fourbe » (publié dans Angle mort). Le peintre interdit d’assister à la conception de ses œuvres, fait barrage aux digressions sur ses intentions, et aime mettre en avant la pratique picturale dans ses dimensions les plus prosaïques. Il est vain de lui demander de raconter le processus de A à Z le processus de création d’une œuvre… Et puis selon ses mots, la chronologie « on s’en fout d’ailleurs ! » Quand on lui parle des artistes qui peignent la nuit, d’autres qui s’inspirent de leurs rêves, Janoir répond avec une pointe d’ironie : « Ils le disent, ils le disent… Moi, non. » Bien qu’habile à manier les mots, ces derniers ne font pas bon ménage avec sa peinture. Il ne faut pas oublier, comme il l’écrit si bien dans « Comme une lettre » (1986), que la peinture « saisit ce que les mots ne peuvent pas faire, elle reste une interrogation pour le langage parlé et écrit. »

Le peintre dans son atelier, tableau de Jean Janoir datant des années soixante (Musée des Ursulines à Mâcon).

Le peintre dans son atelier, tableau de Jean Janoir datant des années soixante (Musée des Ursulines à Mâcon).

La peinture comme danse et gymnastique mentale

« Devant une toile, on danse » dit Jean Janoir. En effet, il a toujours travaillé debout, bougeant sans cesse devant la toile pour y jeter la peinture en des gestes amples, faisant quelques pas en arrière pour prendre du recul, puis tournant en rond comme un lion en cage pour finalement revenir vers elle. « Des jours de gestation ont précédés l’acte de peindre », écrit-il dans « Comme une lettre », « le tableau se construit dans l’effort et la concentration, je suis dans la peinture. » Au sens propre lorsqu’il s’agit de toiles immenses, nécessitant de lourds pinceaux douze centimètres de large… Ce n’est pas un problème, car « quand on est pris dans l’aventure, on y va ! »

« Mental, physique, pensée, geste sont indissolubles, écrit-il dans « Comme une lettre », théorie et pratique se conjuguent, la logique interne du tableau s’impose de telle sorte que, seule, la réalisation révèle le projet, car le peintre est le propre interprète de son œuvre et sa technique naît de sa création, non l’inverse. Le fond c’est la forme. » La maîtrise de Janoir réside, comme le souligne le critique d’art Jean-Jacques Lerrant, dans un « abandon à la pulsion » de peinture qui ne perd pas de vue la construction de l’œuvre, le peintre détestant qu’on puisse penser qu’il se contente de se défouler sur une toile : « C’est pensé, c’est construit, déclare Janoir, ça reste pas dans le vide. » Est-ce une peinture gestuelle ? « Un peintre gestuel qui va au bout de sa pensée y a que le geste. Il peut y avoir une couleur de fond, y a un geste, tac ! » Janoir prend exemple sur ses tableaux de la période des « signes » pour mettre en évidence sa différence avec un peintre gestuel : « il n’est pas spontané mon geste, il est bien pensé avant parce qu’il est fait en deux fois, avec le tube et avec le couteau à palette. Je reviens deux fois dessus » insiste-t-il.

Ouverture aquatique, peinture à l'huile de Jean Janoir, 1984.

Ouverture aquatique, peinture à l’huile de Jean Janoir, 1984.

De la couleur à la forme

Janoir ne s’est jamais servi de palette, il fait ses mélanges directement sur la toile ; à l’ordinateur, il peut opérer de même en superposant des couleurs directement sur la « toile » blanche de l’écran. Pour ne plus voir le « vide » du rectangle blanc originel, il « attaque la toile [ou l’espace vierge de l’écran] par une couleur quelconque. Ce qui compte c’est toute la gymnastique, et la pensée qui va suivre » comme il nous l’explique lui-même. « Et c’est à partir du moment où la couleur commence à imposer la forme que tout commence à se bâtir », c’est pourquoi il a très souvent commencé une peinture par une couleur et achevé avec une autre. Janoir écrit :

Une forme vient-elle à se dégager à un endroit isolé, tout doit être repris instantanément. La couleur dominante devant s’imposer en même temps qu’elle détermine la forme globale. Le pigment est alternativement écrasé, caressé, arraché. La douceur et la nécessité doivent s’interpénétrer. Le jeu des tensions maîtrisé.

De la couleur émerge la forme où il est parfois possible de reconnaître une figure humaine. Son rapport à la figuration est ambivalent : si son attachement à la peinture moderne lui fait se délester de toute figuration trop évidente dans ses peintures à l’huile, on distingue malgré tout souvent dans ses œuvres des formes du réel, du corps féminin en particulier. Dans ses peintures numériques, il renoue souvent avec un dessin plus clairement défini, qui témoigne de l’influence exercé dans sa jeunesse par les figures féminines de la Renaissance. Accroché à l’envers près de son ordinateur, il y a une reproduction d’une peinture de Paolo Uccello représentant une bataille : ainsi mise à l’envers, l’œuvre est vidée de son sujet belliqueux pour n’être plus que formes et couleurs. C’est ainsi que l’artiste peut le mieux lutter contre les laideurs de la réalité. Mais qu’on ne s’y trompe pas : même abstraite, « une œuvre d’art est critique » nous dit Jean Janoir.

Peintures numériques de Jean Janoir (2008-2009).

Peintures numériques de Jean Janoir (2008-2009).

« Puis arrive l’instant qui annonce la fin, je me retrouve l’œil critique, fatigué. Encore un recul, balayage de l’ensemble des yeux, je signe. Tout ne s’est pas trop mal passé. » (« Comme une lettre ».)

Chronologie de l’œuvre de Janoir

Nous proposons ici une chronologie non-exhaustive de l’œuvre de Jean Janoir, établie à partir d’informations publiées dans les catalogues de ses expositions, ainsi que par nos recherches. Cette chronologie est appelée à être complétée. Il conviendrait d’y situer précisément certaines réalisations entreprises dans les années soixante et soixante-dix dans le cadre du 1% scolaire (CES Les Eglantines à La Duchère, CES Ernest Renan à Vénissieux, CES Anatole France à Vaulx-en-Velin, CES Georges Clemenceau à Lyon), ainsi que d’autres commandes (mess des Officiers du Quartier Général Frère à Lyon). Il est à noter qu’un catalogue exhaustif en deux volumes (exemplaires uniques) a été réalisé du vivant de Jean et Michelle Janoir, recensant et datant la quasi totalité de ses peintures et sculptures.

Années 1950

  • 1947 – Autoportrait de Jean Janoir, œuvre la plus ancienne conservée (les autres œuvres de cette époque, ou antérieures, ayant été détruites par le peintre), au style plus réaliste que les œuvres ultérieures.
  • 1955 – Début de la période dite des « bibliothèques », d’inspiration cubiste.
  • 1957 – Première exposition à la galerie Grange à Lyon.
  • 1958 – Début de la période dite des « signes », inspirée par la peinture chinoise. Prix Résonances et couvertures pour cette revue. Exposition de groupe Option à Lyon.
  • 1959 – Exposition de groupe Comparaison à Paris et Turin. Premières toiles « nuagistes » selon le terme (rejeté par Janoir) employé par la critique.
  • 1960 – Expositions personnelles à la galerie Grange à Lyon et à la Maison des Princes de Pérouges ; exposition de groupe 14 Soli à Turin.

Années 1960

  • 1961 – Poèmes-objets à Paris (exposition de groupe). Calligraphie et illustration de deux exemplaires uniques de Saint-John-Perse et d’un exemplaire unique de chansons de Jean Vernay (reliures de François Badoit).
  • 1962 – Exposition personnelle à la galerie Philadelphie (Paris) ; exposition de groupe Donner à voir (Paris). Décors et costumes des opéras mis en scène par Louis Erlot Pelléas et Mélisande de Debussy (Opéras de Lyon et Strasbourg, prix national de la critique lyrique) et Samson et Dalila de Saint-Saëns (Teatro Colon de Buenos-Aires).
  • 1963 – Lieur de livres à Pérouges ; 12 peintres de Lyon à Charleroi, Rencontre AGEL à Lyon (expositions de groupe). Peinture sur toile de dix-huit mètres carrés pour la Chambre de Commerce de Lyon.
Peinture sur toile de Jean Janoir de dix-huit mètres carrés pour la Chambre de Commerce et de l'Industrie de Lyon (1963).

Peinture sur toile de Jean Janoir de dix-huit mètres carrés pour la Chambre de Commerce et de l’Industrie de Lyon (1963).

  • 1964 – Décors et costumes des opéras mis en scène par Louis Erlot L’Enfant et les Sortilèges et L’Heure Espagnole de Ravel, Iphigénie en Tauride de Glùck, avec Guy Chauvet et Robert Massard (Teatro Colon de Buenos Aires). Janoir contribue aux réflexions de l’ouvrage La Peinture et l’Espace de Noél Mouloud (recherche sur les conditions formelles de l’expérience esthétique), paru aux Presses Universitaires de France.
  • 1965 – Décors et costumes pour Iphigénie en Tauride de Glùck mis en scène par Louis Erlot, Opéras de Paris et Lyon.
  • 1967 – Décors et costumes du ballet La Symphonie Fantastique de Berlioz mis en scène par Louis Erlot, Palais des Beaux-arts de Charleroi. Participation à la conception de la maison de Pierre Arrivetz à Limonest (architecte : Robert Dussud) : contribution à la conception générale, création des maquettes, de la porte d’entrée, de la cheminée et de l’escalier.
  • 1969 – Exposition personnelle au musée municipal de Mâcon ; expositions de groupe Peintres de Lyon à Grenoble et Poème-objets à Mâcon.

Années 1970

  • 1971 – Peintres lyonnais du 19e à nos jours à Vénissieux (exposition de groupe).
  • 1974 – Exposition personnelle à la Bibliothèque municipale de Vénissieux.
  • 1975 – Exposition personnelle au Centre Dramatique National à Lyon.
  • 1976 – Édition d’une lithographie et d’une reproduction par Travail et Culture.
  • 1977 – Quatre-vingt peintures exposées dans le magasin de design Pierre Arrivetz à Lyon ; aquarelles et pastels exposées à La Petite Galerie (Lyon). Édition par La Petite Galerie d’un texte de Janoir (cinquante plaquettes avec gravure en couleur, numérotées).
  • 1978 – Couverture de disque hommage à Henri Gautier pour le Hot-Club de Lyon.

Années 1980

  • 1980 – Exposition de groupe à l’Institut français à Stockholm ; exposition de groupe itinérante de gravures en taille douce Mémoire du Geste. Gravure (manière noire) numérotée de i à 80 pour Le Buisson d’Amours d’Henri Gautier.
  • 1981 – Exposition personnelle à la mairie de Villeubanne.
  • 1982 – Exposition de groupe dans le cadre de 20 ans d’une galerie de province, FLAC (Lyon).
  • 1983 – Exposition personnelle à la Galerie J.L.J. Bertin (Lyon) ; participation à des expositions de groupe en Belgique présentées par J.L.J. Bertin.
  • 1984 – Édition par 1’URDLA d’une lithographie pour le Conseil Général du Rhône.
  • 1985 – Exposition itinérante Mise à jour 1985 (exposition de groupe). Concours CAS-EDF de Lyon (fresque discontinue à l’huile et tapisserie).
  • 1986 – Expositions à l’Hôtel de Ville de Vénissieux (exposition personnelle) et à la Maison de Lyon (exposition de groupe). Édition par la MAPRA d’un texte de Janoir « La pêche à la mouche par mauvais temps ». Essai pour une contre-bande dessinée sur une nouvelle de Jean-Noël Blanc inspirée par la peinture de Janoir, en 9 aquarelles (non édité). « Comme une lettre », texte dans lequel Janoir décrit sa conception et sa pratique de la peinture (publié dans le catalogue de l’exposition à l’Hôtel de Ville de Vénissieux), reprise d’un texte écrit en 1977.
  • 1987 – Exposition de groupe à l’occasion de la VIème quinzaine d’art contemporain de la Part-Dieu (Lyon).
  • 1988 – Exposition personnelle à la galerie Verrière (Lyon).

Années 1990

Années 2000

  • 2001 – Janoir apprend à utiliser un ordinateur. Premières peintures numériques, nommées « alternatures » puis « alterpeintures ».
  • 2002 – Publication à compte d’auteur du recueil de poèmes Angle mort illustré de peintures numériques, comprenant trois ensembles de textes poétiques écrits à partir de 1995 : « Le carnaval des émotions », « Vanités » et « Angle mort ».
  • 2006 Cent-soixante « alternatures » sont exposées au Palais de Bondy à Lyon.
  • 2009 – Expositions personnelles à l’Antiquaille, au Fort de Vaise et à la Fondation Renaud (Lyon).
  • 2010 – Texte « L’œuvre, l’ordinateur et la matière » (non édité). En décembre 2010 débutent les entretiens pour le film Janoir, une vie à peindre.
  • 4 janvier 2012 – Décès de Jean Janoir à Lyon.

Réception critique

Des critiques, Janoir dit qu’il y a « ceux qui vous aiment, ceux qui vous aiment pas ; il y a ceux qui vous prennent sous leurs ailes comme ils disent, ils aiment bien ça… » Lorsqu’il était jeune, lui et ses compères peintres se disaient qu’il valait mieux que des bêtises soient écrites sur eux que rien du tout. Il a bien changé d’avis entre-temps. En effet, toute sa vie, Jean Janoir a eu des relations conflictuelles avec la critique, si prompt à lui coller l’étiquette de « nuagiste » au début des années soixante. Il déteste l’omniprésence des discours sur la peinture méprisant toute connaissance pratique de l’acte de peindre, s’étalant dans des publications trop souvent dépourvues d’image des œuvres critiquées : « Me faire expliquer une peinture avec des mots il faut supprimer ça du film, je n’en veux pas ! » s’exclame-t-il avec autorité mais sans colère dans le film Janoir, une vie à peindre.

Afin que le public puisse lire autre chose que les « aberrations », même brillamment écrites, des critiques et de certains de ses amis, qui semblent mieux comprendre ses intentions que lui-même, le peintre décide de prendre lui-même la plume, en particulier dans « Comme une lettre » (1986) : « Ce que je tente, c’est un art responsable, non désincarné, sans phantasmes ni leurres, qui soit pour tout être qui assume sciemment son existence, quelque chose de semblable à une présence vigilante comme une interrogation. »

Peintures à l'huile de Jean Janoir des années quatre-vingt-dix. Celle de droite est une de ses dernières toiles, étant datée de 1995.

Peintures à l’huile de Jean Janoir des années quatre-vingt-dix. Celle de droite est une de ses dernières toiles, étant datée de 1995.

Voici quelques auteurs de critiques de l’œuvre de Jean Janoir (de son vivant, liste non-exhaustive) : R. Deroudille (D.H.L Aujourd’hui, Cimaise, Moniteur Judiciaire), J.J. Lerrant (Arts, Le Progrès, Résonances), A. Mure (Résonances, Le Journal), M. Curt, J.L. Gauthier, H. Gautier, P. Gravillon (Le Progrès), A. Gravier, Rochedix (Echo Liberté), E. Gérôme (Lyon-Forum, Le Progrès), G. Fénéon (D.H.L.), J.M. Ciernewski (Lyon-Poche), R. Droguet (L’Express RhôneAlpes, Libération), J. Rosier (Le Journal), Tixier (La Vie Lyonnaise), C. Philippe (FR3), J. Cotte (France Soir), Clarendon (Le Figaro), M. Tassart (Le Parisien Libéré), J. Longchampt, R. Dumesnil, J.M. Dunoyer (Le Monde), G. Gassiot-Talabot (Cimaise, Art International, Aujourd’hui, Les Annales), F. Pluchart (Combat), C. Rostand (Le Figaro Littéraire), G. Guillot (Les Lettres Françaises), C. Imbert (radio, télé), M.A. Lixon (La Nouvelle Gazette, Belgique), Costas (Noticies Graficas), et critiques dans El Mundo, La Prensa, Freie Presse (Argentine).

Émilie Souillot et Jérémy Zucchi

Voir le film Janoir, une vie à peindre

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