"Sorcières d'encre", film documentaire
sorciere

Sorcière d’encre sera un long-métrage documentaire évoquant le processus des procès de sorcellerie à travers l’histoire de six femmes arrêtées pendant l’automne et l’hiver 1519 dans la Montagne ardéchoise. Elles se nommaient Agnès Colomb, Jeanne Chareyre, Catherine Lashermes, Béatrice Laurent, Catherine Peyretone et Catherine Vesse. Nous savons d’elles ce que les archives subsistantes nous ont laissé : nom, qualité, lieu d’habitation, charges pesant contres elles. Nous avons d’elle une image, véhiculée par la tradition, la culture ancienne et actuelle, mais ce visage n’est pas le leur. Quel processus implacable a fait d’elles les rouages broyés du système créant et propageant de ville et ville les « épidémies » de sorcellerie.

Le réalisateur Jérémy Zucchi a d’abord entrepris le film en 2009, seul, comme un moyen d’expression intime par les images, filmant avant d’écrire, élaborant le concept et le scénario au fur et à mesure, en parallèle de ses autres projets. Ce projet ne pouvait être que réalisé de manière très intime, car le premier film auquel avait participé le réalisateur était une esquisse de documentaire sur cette « sorcière », dans le cadre d’un atelier audiovisuel au collège de Montpezat-sous-Bauzon, lorsqu’il avait quatorze ans. C’est à la cime de la Prade, la prairie de ce petit village situé au pied du plateau ardéchois, que Catherine Peyretone a été brûlée vive, selon la tradition populaire, le 12 octobre 1519.

« Je n’étais plus un adolescent, désormais, mon regard avait changé, et ma pratique s’était développée, explique le réalisateur. Un petit film a été tourné par fragments pendant plusieurs années avec ma caméra personnelle, comme des notes prises avec un stylo. J’ai pensé ce film sans scénario préconçu afin de découvrir par moi-même comment raconter cette histoire et ce que j’avais envie de transmettre à travers elle. » Le réalisateur s’est rendu compte que Catherine Peyretone ne peut être évoquée hors du processus de contamination systématisé qui mena à l’arrestation de cinq autres femmes, quasi simultanément. Au Roux, un peu plus haut dans la montagne, Jeanne Chareyre fut arrêtée, puis se fut le tour d’Agnès Colomb, Catherine Lashermes, Béatrice Laurent et Catherine Vesse, saisies et parfois torturées par les moines de l’abbaye de Mazan, sur le plateau ardéchois.

Étayé par les recherches historiques les plus récentes, Sorcières d’encre exposera les processus et les raisons de ce phénomène, tout en mettant en place des dispositifs permettant au réalisateur de réactualiser d’une manière personnelle cette histoire, grâce à l’intervention d’artistes, et aux habitants de ces villages de s’approprier le passé des lieux qu’ils habitent. Dans ce but, le réalisateur souhaite que Sorcière d’encre s’inscrive dans une série d’ateliers dans des écoles et collèges afin de confronter les élèves à l’image qu’ils se font de la sorcière, et qu’ils prennent conscience du processus qui peut conduire chacun d’eux à devenir un bouc émissaire ou à en désigner parmi eux. Le site Internet d’Eclore proposera des réflexions complémentaires sur l’image de la sorcière dans notre culture.

« Le visage de la sorcière est l’enjeu majeur du film, explique le réalisateur. Or ce visage, c’est le nôtre, puisque nous pouvons nous aussi un jour sombrer dans la démence ou être injustement accusés ; nous pouvons nous aussi être rejetés de la société des hommes. »

  • Réalisation :  Jérémy Zucchi
  • Long-métrage – En cours d’écriture

 

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