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Réalisation du film

Une Rencontre, Pockemon Crew + Emelthée est un film produit et réalisé par un jeune réalisateur, Jérémy Zucchi, avec autant de passion que les créateurs du spectacle Rencontres dont il raconte l’histoire à travers son film. « On est pas entrés dans le processus de passer par le CNC pour pouvoir monter financièrement un documentaire » explique Pierre Fronton, alors président de la Cie Pockemon Crew, avant d’ajouter : « il y a une urgence, il y a déjà l’urgence de créer. On a envie de se rencontrer, on a envie de faire quelque chose ensemble. » Et tant pis si le projet était quelque peu démesuré pour être porté par seulement deux épaules ! « Il fallait saisir cette opportunité, quitte à courir le risque de se retrouver avec un film difficilement distribuable », explique le réalisateur.

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C’est seulement quelques jours avant le début des répétitions, en novembre 2010, que la captation des répétitions de cette création lui fut proposée par le président du Chœur Emelthée. « Un jour Lise Viricel, qui chantait régulièrement avec le Chœur Emelthée, m’a appelé pour me dire qu’un spectacle avec les Pockemon Crew était en préparation, raconte Jérémy Zucchi. Le jeudi j’ai reçu l’appel de Serge Bufferne me proposant de filmer les répétitions, et le samedi j’étais en train de commencer ! » Ayant pour seul projet la volonté de saisir les moments de cette rencontre unique du hip-hop et du chant classique, le réalisateur commença le tournage avec son propre caméscope HDV (lors des trois premières répétitions, d’où une qualité moindre) avant de filmer le reste des répétitions avec deux caméras professionnelles prêtées par la société de production Camp de Base, grâce à l’action de Pierre Fronton, alors président de la Cie Pockemon Crew. « Évidemment je n’avais rien écrit au préalable. Tout a été écrit pendant le tournage. » Émilie Souillot (avec qui Jérémy Zucchi co-réalisait à la même époque Janoir, une vie à peindre, 2013) est venue filmer chacune des répétitions « à deux caméras afin de ne pas perdre d’instants, car au départ, la seule matière était les images » explique-t-elle.

Fou rire de Medhi Meziane, danseur de la Cie Pockemon Crew, en pleine répétition.

Fou rire de Medhi Meziane, danseur de la Cie Pockemon Crew, en pleine répétition.

Filmer deux groupes sans interférer avec leur travail tout en donnant au spectateur une impression de proximité n’était pas chose aisée. « Je me suis dit dès la première répétition : je reste à l’extérieur, je ne vais pas aller vers eux de manière intrusive » explique le réalisateur, qui a attendu de devenir une présence familière pour se rapprocher d’eux et, plus tard, mener des entretiens. « Jérémy a été présent, sans qu’on soit complètement envahis par sa caméra » se souvient Marie-Laure Teissèdre. « Je me suis rapproché au fil des répétitions, poursuit-il. Si bien que même si Émilie Souillot et moi étions là, chacun avec sa caméra, tout le monde était habitué à notre présence. » Émilie Souillot, demeurait le plus souvent à distance, la caméra posée sur pied en plan large, tandis que le réalisateur filmait caméra à l’épaule afin de saisir au plus près les mouvements des danseurs où les visages des chanteurs, en longue focale.

Montage et re-montage

« Il y avait des moments magiques. En voyant Riyad Fghani au piano, j’ai tout de suite pensé que ce serait le début du film. » Le montage a été long, puisqu’il s’agissait de synchroniser les séquences tournées par les deux caméras, d’organiser l’espace de montage selon les morceaux interprétés et le jour de la répétition, puis de sélectionner dans chacun de ces moments les passages les plus significatifs, avant de les alterner avec la captation du spectacle final. En tout, une dizaine de répétitions de trois heures ont été filmées. Les entretiens ont permis d’organiser l’ensemble du récit autour des différentes thématiques, bien que le réalisateur a tenu à laisser la plus grande place possible aux actes.

Répétition joyeuse du Chœur Emelthée, avec sa directrice artistique et musicale Marie-Laure Teissèdre.

Répétition joyeuse du Choeur Emelthée, avec sa directrice artistique et musicale Marie-Laure Teissèdre.

Les entretiens ont été réalisés tardivement (vers la fin des répétitions) afin que les intervenants puissent commencer à avoir un peu de recul vis-à-vis de cette expérience. Une interviews du des chanteuses et chanteurs du chœur a été réalisée mais n’a pas été insérée dans le montage : problèmes de prise de son, fatigue, et puis l’évidence du montage qui détermine ce qui a sa place ou non dans le film. De même, les entretiens des anciens présidents des compagnies Serge Bufferne et Pierre Fronton n’ont pas été inclus dans le montage final.

Bien plus qu’une cadreuse, Émilie Souillot a accompagné le réalisateur tout au long de ce projet, lui apportant le regard extérieur indispensable pour construire la première version de 52 minutes, achevée début 2012. Dans cette version, le film Une Rencontre, Pockemon Crew + Emelthée comporte de nombreux extraits du spectacle, avec des morceaux de multiples compositeurs. « Comme il n’y a presque aucune aide financière pour les films réalisés hors système de production classique, le financement après-coup des droits musicaux a été très difficile, jusqu’à s’avérer impossible. » Malgré les efforts de Carole Varjabédian et Ludovic Reverdy, la diffusion du film Une Rencontre, Pockemon Crew + Emelthée dans cette version complète n’a pu aboutir. Après des années de tentatives, l’éponge fut jetée. En 2016, c’est donc dans un tout nouveau montage, raccourci à 29 minutes, que le réalisateur Jérémy Zucchi propose aux spectateurs.

Entretiens réalisés entre décembre 2010 et février 2013.

Voir le film Une Rencontre, Pockemon Crew + Emelthée

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