"Histoire (s) de jazz, le Hot Club de Lyon", film documentaire
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« C’est une histoire d’amour, c’est une histoire de jazz… Racontée, jouée, belle et vivante. » Ce sont les premiers mots murmurés par Émilie Souillot dans son premier film, le documentaire Histoire (s) de Jazz, Le Hot Club de Lyon qui s’attache aux petites histoires qui font la vie et la grandeur d’un lieu. Le Hot Club de Lyon existe depuis plus de soixante ans, il a une grande histoire que la réalisatrice a voulu aborder le plus chaleureusement possible, sans la froideur qui peut être celle des documentaires historiques, car le jazz, n’est-ce pas la vie et ses imprévus ? Elle a laissé les souvenirs ressurgir, les rencontres dévoiler leurs trésors, leurs éclats de rire, leurs interrogations…

Fragments de vies et de jazz

La réalisatrice Émilie Souillot a saisi quelques fragments du jazz joué au Hot Club de Lyon, du trio de Jean-Charles Demichel aux solos du saxophonistes Jon Bouteiller. Elle saisit en plan-séquence l’intégralité de Take the A Train de Duke Ellington joué par The Happy Stompers, avec le regard de celui qui découvre pour la première fois un Big-Band en live ― car elle n’avait, en effet, jamais assisté à un concert de Big Band auparavant. Histoire (s) de Jazz, Le Hot Club de Lyon est donc un film à l’ambiance intimiste, dominé par les voix subjectives de ses différents protagonistes, tous des personnes passionnées (musiciens ou simples amateurs de jazz) qui écrivent encore aujourd’hui l’histoire du Hot Club de Lyon. C’est un film qui reconnaît les faiblesses de la mémoire (Boris Vian est-il réellement venu ?), qui embrasse tout ce qui fait l’humanité de ce lieu et de cette musique, à travers quelques histoires sur Chet Baker et Oscar Peterson, sur le saxophoniste Raoul Bruckert qui fut l’un des piliers du lieu… Sans oublier les débuts excitants mais parfois difficiles du Hot Club de Lyon, racontés par Jean Janoir et son épouse Michelle qui nous ont quitté depuis.

« C’est comme après l’amour »

Dans ce film, « on construit tous sa propre vérité surtout autour d’un lieu qui fut le cœur de nombreux échanges et rencontres, donc d’histoires », comme l’écrit Émilie Souillot avec justesse. Que vous soyez amoureux de jazz ou non, vous sortirez sans doute d’Histoire (s) de Jazz, Le Hot Club de Lyon comme Philippe Lacroix émergeait des longues nuits passées à vivre le jazz dans ce lieu, comme il le raconte dans le film : « …Et puis on avait les oreilles qui sifflaient aussi en sortant, parce qu’on arrive dans le silence de la nuit, dans la rue. Plus de bruit, alors qu’on avait entendu… alors les oreilles sifflaient pendant un certain temps. C’est comme, après l’amour, on dit il y a des moments agréables et là aussi c’était après le jazz il y avait cette espèce d’ouate, de coton dans lequel on était qui prolongeait un petit peu l’ambiance… »

Histoire (s) de Jazz, Le Hot Club de Lyon se nourrit des recherches entreprises par la réalisatrice, sur le Hot Club de Lyon et sur le jazz au cinéma. Peut-on filmer le jazz ? Cette question a fait l’objet de son mémoire de master, en 2009 puis, en mai 2011, Émilie Souillot contribue à l’ouvrage collectif Filmer le Jazz (Presses Universitaires de Bordeaux, sous la direction de Thierry Maligne) qui réunit réalisateurs (Bertrand Tavernier, Frank Cassenti), danseurs (Fabien Ruiz, The Artist), écrivains et chercheurs (Michel Chion).

  • Production et réalisation : Émilie Souillot
  • Avec Jean et Michelle Janoir, Jean-Louis Billoud, Jean-Charles Demichel, Gerard Vidon, Jacques et Philippe Lacroix…
  • Images : Sébastien Guignard et Émilie Souillot
  • Son : Simon Dufour
  • Montage : Émilie Souillot
  • Post-Production et conception graphique : Jérémy Zucchi
  • DV – Durée 52 min – Son stéréo – Couleurs, 16/9 – 2010
  • Distribué en salles et disponible en DVD.

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